Bienvenue sur le Blog de LuLu et LauLau !!!!

Bienvenue sur le Blog de LuLu et LauLau !!!!
Lau :

Merci à Ma LuLu De Me Supporter (Je Suis Une Vraie Chieuse, Faut l'Encourager !!)

Très Contente De Faire Ce Blog Avec Toi !

Sinon Ce Blog Est Un Blog (Ouais, Je Sais Je Suis Trop Forte !!)

Lucie :

Mais de rien ma Laulau moi aussi très contente de faire ce blog avec toi!


Avant de collaborer ensemble et d'avoir un blog commun, voici nos autres adresses :




GROS BISOUS MA PUCE

et bonne visite à vous!

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# Enviado el martes 10 de junio de 2008 14:46

Modificado el miércoles 11 de junio de 2008 12:23

En construction

En construction
patience..................

# Enviado el miércoles 11 de junio de 2008 09:24

Bientot

Bientot
Un nouvel article même très bientôt alors patience


BISOUS
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# Enviado el martes 24 de junio de 2008 10:10

Modificado el martes 24 de junio de 2008 14:48

Attention roulement de Tambours .................... Chapitre 1 !!!

Attention roulement de Tambours .................... Chapitre 1 !!!
Saint-Lazare direction Pigalle, je vous vois venir avec vos gros souliers et vos esprits mal placés. Si je vais à Pigalle, c'est parce que se trouve là-bas mon magasin de musique préféré. Eh oui Pigalle n'est pas seulement réputé pour ses frivolités mais également pour ses magasins de musique.

Je sors tranquillement de la station de métro et me dirige vers Mon magasin, je peux y voir Jo à travers la vitrine s'occupant de clients. Je rentre doucement, m'approche de lui et lui colle un bisous qui claque sur la joue.

Jo : Salut miss, ça va, je m'occupes de toi juste après.
Moi : pas de souci, je fais un tour.


Je me dirige vers l'espace réservé aux guitares, j'y retrouve Sevan, pote et associé de Jo.

Sevan : tu vas bien miss ?
Moi : ça va merci et toi ?
Sevan : la forme, t'as besoin de quoi ?
Moi : oh, pas grand-chose, un jeu de cordes, des médiators classiques, et il m'en faudrait un pour pouce aussi.
Sevan : d'ac' Nylon ou Metal pour le pouce
Moi : Nylon s'il te plait.
Sevan : installe toi, je t'apporte ça.
Moi : bah pourquoi.
Sevan : il faut que tu l'essayes pour le pouce, choisit toi une guitare.


Je me retourne, regarde autour de moi, le paradis, des guitares en surnombre, mes yeux se posent sur une Gibson folk noire. Mon choix a été très rapide, je m'assoies sur le tabouret et l'accorde en attendant le retour de Sevan. Il réapparaît de l'arrière boutique avec une boîte compartimentée remplie de médiators.

Sevan : pour commencer, essaye celui-ci.


Je le passe, il ne va pas plus loin que la moitié de mon ongle. Je lui montre mon pouce, grand sourire.

Moi : pas sure que ça le fasse avec celui-ci.

Il m'en tend un autre, qui peut me faire office de bague, je rigole et on reprend un peu plus sérieusement les tests. J'en passe un qui me semble de bonne taille. Je commence à jouer, essaye plusieurs accords, plusieurs vitesses de jeux.

Moi : celui-ci à tendance à tourner, si je le tiens, il est parfait mais si je me sers de mes autres doigts, il tourne.
Sevan : ok prends celui-ci il a l'air un peu plus étroit.


Je le prends, le passe et joue, je refais à peu près les mêmes accords, allant de plus en plus vite. Je lève mon pouce en signe de victoire.

Moi : parfait, je le prends.

Je le suis, il m'encaisse. Je repars un peu déçue de ne pas pouvoir discuter avec Jo toujours occupé avec ses clients. Je passe à côté de lui, un petit signe de la main, et lui mime que je l'appelle plus tard. Il s'excuse auprès de ses clients et me rattrape par le bras.

Jo : dis, attends que je finisse qu'on discute
Moi : t'inquiète Sevan s'est occupé de moi, et là j'ai mes répètes pour ce soir.
Jo : ça se passe où ce soir ?


Je lui sors un fly de mon sac et lui tend. J'interpelle Sevan dans le fond de magasin, un paquet de fly à la main.

Moi : dis, Sevan est ce que je peux t'en laisser quelques uns près de la caisse.
Sevan : ce n'est pas le style de la clientèle.
Moi : allez, s'il te plaît ?!!
Sevan : ok, mais tu viendras chercher ce qui restera, et tu me payeras un café.
Moi (je saute de joie) : Ouiiiii, merci t'es un amour.
Jo : je vais finir par être jaloux.
Moi : mais non, toi aussi t'es un amour.

Je me dirige vers Sevan en trottinant, lui tend mon paquet le gratifie d'un grand sourire, petit signe de la main et je sors du magasin. Direction la station de métro, puis Saint Lazare. Dédale de petite rue et j'entre enfin dans la salle de répètes. Je me mets en place et c'est partit pour deux heures intensives.

Je récupère mes affaires, je suis complètement lessivée et dire qu'on remet ça ce soir pour deux heures de représentation. Je repasse rapidement à l'appartement, personne, comme d'habitude, je leur laisse un mot épinglé sur le frigo avec le fly, je me douche, prépare mon sac pour le soir même, j'essaye de manger un morceau mais rien ne passe, tant pis, ça passera plus tard, je mets deux trois compotes dans mon sac. Eh oui, rien ne passe maintenant, mais à une minute de monter sur scène, mon estomac fait la java. Je mets ma veste direction la Salle. Sac en bandoulière, mains dans les poches, je rejoue dans ma tête chaque éléments constituants le programme de ce soir. Une boule à l'estomac se forme lorsque je pose le premier pas dans la salle. C'est mon petit rituel, avant d'aller me préparer, je fais toujours un tour dans la salle, histoire de tâter l'ambiance sur place. Ce soir sera parfait. Le public a l'air bien motivé.

Je balaye l'espace autour de moi, cette boule à l'estomac se fait de plus en plus grosse, ça devient oppressant, si je ne prends pas l'air maintenant, je vais être malade. Je me retourne rapidement, direction la sortie. Je suis de plus en plus étonnée par un groupe de filles, habituellement il y a des filles certes, mais pas vraiment avec ce look là. Ce soir, elles ressemblent à un sacré mélange de gothique aux couleurs techtonik avec un petit côté « Poufs ». Elles ne se mélangent pas vraiment au reste du public.

Je me concentre à nouveau sur la sortie. Je respire à fond trois fois de suite. Trois fois, c'est important pour moi, sinon je ne suis pas calme, ça me permet de faire un peu le vide. J'ajuste mon sac sur mon épaule, contourne le bâtiment pour entrer par les backstages. Ce que je vois sur le parking me fait flipper, il y a trop de voitures, trop de monde, un autre groupe de filles qui elles hurlent. Je prends peur, c'est quoi ces filles ! Pas téméraire, ces filles me font peurs ! Je marche à reculons lorsque qu'un bras atterrit sur mes épaules et me force à avancer vers l'entrée.

Je regarde Tomas, le vois remuer les lèvres, faire de grands gestes, mon regard est fixé sur un groupe de mecs un peu en retrait, je ne l'écoute déjà plus, mes yeux scotchés à ses yeux à Lui. Une main passe à plusieurs reprises devant mon champ de vision.

Tomas : Sedna ! Tu m'écoutes ?!
Moi (haussement d'épaule) : Qui moi, je t'écoute Toi, bien sûr que je t'écoute, pour qui tu me prends, Toi, le plus génial des partenaires que j'ai jamais eu, je ne t'écouterais pas !! Même si ce super partenaire est une vraie machine à paroles, toujours quelque chose à dire même quand il ferait mieux de se taire !

Tomas (raclement de gorge) : Sedna
Moi (tête sur le côté) : muis !
Tomas : cours !

2 secondes, le temps que l'info arrive à mon cerveau et me voilà en train de courir dans tout le parking avec un Tomas mort de rire à ma poursuite. Je zigzague entre les gens, manque de m'éclater trois fois la tête au sol, Tomas en profite pour taper une pointe, pas le choix, je largue mon sac et me met à sprinter. Quand un grondement se fait entendre. On se stoppe tous les deux d'un même mouvement, la tête dans les épaules.

...: je peux savoir à quoi vous jouer !!
Tomas : bah en faite ....


Je lui balance un coup de coude dans les côtes et lui siffle de se taire.

Moi : on ne faisait rien Coach, on décompressait juste un petit peu.
Coach : allez vous préparer, vous montez sur scène dans quinze minutes !


Le coach tourne les talons et disparaît derrière la porte du bâtiment. On le suit doucement.

Tomas : tu m'as fait mal.
Moi : désolé mais il aurait été capable de nous faire faire des tours de parking.
Tomas : t'as oublié ton sac.
Moi : merde, vas-y, je te rejoins.


Je fais demi tour, regarde les alentours rapidement, pas de trace de mon sac. Je m'avance vers le centre du parking, regarde un peu partout. Je le vois Lui, tout sourire mon sac à la main, se diriger vers moi.

Moi : merci de l'avoir récupérer.

Il ne me répond pas, me tend le sac. Je ne vois que ses yeux et le clin d'½il qu'il m'adresse. Il tourne les talons et va rejoindre ses potes. Je reste sur place, la tête penchée les observant.

Coach : SEDNA !! Tu comptes faire le show sur le parking, peut être !
Moi (serre les dents) : ça pourrait être une idée.
Coach : j'ai entendu !


Je m'engouffre à sa suite dans le bâtiment, découvrant les loges, tout le monde cours dans tous les sens. Une main sur mon bras et je disparais dans une des loges.

Lua : tu étais où ? J'étais morte de trouille ! Si tu n'es pas là, le programme tombe à l'eau.

Une brune me fait face, grande, fine, les traits fins, des yeux verts ou plus d'un mec c'est déjà perdu, à la regarder de près, on la croit douce et délicate mais pour la connaître, il n'y a pas plus grande gueule qu'elle !

Moi : mais non, tu m'aurais remplacé, tu connais mes mouvements par c½ur, en plus, Tomas aurait été ton partenaire.

Son poing s'abat gentiment sur mon épaule. Qu'est ce que je disais un vrai modèle de délicatesse !

Coach : plus que 5 minutes les filles !

Je m'active, baggy noir, haut noir, puma, je réajuste mes protections. Lua me maquille et essaye tant bien que mal de discipliner mes boucles à coup de laque et barrettes. Elle se recule, me regarde l'air satisfaite du résultat. On se regarde, saute dans tous les sens pendant trente secondes, on éclate de rire, se prend dans les bras, puis se souhaite bonne chance.

Casquette callée sur la tête, mitaines en place, je rejoins Tomas près de l'entrée de la scène. Il me serre dans ses bras, on se souhaite bonne chance. Mon estomac se contracte dans tous les sens. Les lumières s'éteignent plongeant la salle dans le noir complet, ça va être à nous, le public se tait, les premiers accords se font entendre, on prend place sur scène, éclairé par les tromboscopes, on entame les premières figures la salle s'éclaire, le show commence.

Nous sommes à la moitié du programme, le public, nous suit, participe, je me décontracte un peu, et me lâche davantage dans mes mouvements, je cherche des yeux mes parents qui ne sont forcément pas présents, je crois qu'ils ne sont jamais venu me voir depuis que je tourne avec ce crew ! Mes yeux se posent sur Jo et Sevan, Jo m'adresse un signe, je lui réponds par un clin d'½il, je le vois alors se pencher vers la personne à côté de lui et entrer en grande conversation. Je bloque d'où ils se connaissent tous les deux. Une pression sur mon bras me ramène dans le show, je me concentre.

Deux heures et deux rappels, je m'affale dans le canapé de ma loge. Tomas s'y effondre également à mes côtés. Lua s'étale carrément sur nous deux.

T & M : LUA !!!!!

Mais pas la force de réagir. On reste tous les trois comme ça pendant 5 bonnes minutes.

Moi : c'était génial ce soir !
Tomas : oui même si tu m'as fait peur à un moment !
Lua : on va en boîte ce soir.


On se regarde tous les trois, grands sourires.

Moi : bien sur qu'on y va.

On toque à la porte mais la flemme de bouger.

Lua : OUAIS !!
Moi : quelle délicatesse.
Lua : je te merde !!!
Jo : salut !
Moi : hey, comment t'as fait pour rentrer.
Jo : j'ai soudoyé le vigile à l'entrée.
Moi : mui, je reconnais la ton style. Lua bouge !
Lua : Non !


Je regarde Tomas petit signe de tête, on se jette sur elle, pour la chatouiller, elle s'étale au sol, on est mort de rire.

Jo : je vous ai amené du monde.

Je relève la tête d'un coup pour voir les nouveaux venus. Il est là. Je retiens difficilement un sourire.

Jo : les deux chevelus se sont mes cousins Bill et Tom, et leur potes Georg et Gustav.

Chevelus, oui ils le sont, l'un arbore une crinière noire ébène, et l'autre un amas de dreads, quant au deux autres, l'un est sûrement fan de son lisseur et l'autre un blond avec une coupe de cheveux normale.

L, T & M : Salut !!
Moi : la grande gueule là, c'est Lua, aïe, la machine à parole, c'est Tomas et moi, c'est Sedna.
Jo : vous faites quoi maintenant.
Lua : on va en boîte !!! (Elle s'approche d'eux, petit déhanché) Vous voulez nous accompagner.
Sevan : avec plaisir !
Moi (récupère mon sac) : c'est cool, je vous rejoins là-bas dans 45 minutes.
Lua : reste, tes vieux ne sont pas là de toute manière.
Moi : je sais mais imagine que pour une fois ils sont là, et je préfère prendre ma douche chez moi. A tout à l'heure !
Jo : tu veux que je t'accompagne ?
Moi : c'est gentil mais je vous rejoins tous là-bas, d'accord ?!
Jo : ok, dépêches toi !

Je sors de la pièce, traverse le parking, le groupe de filles est toujours là.

Fille 1 : hé, tu es une des danseuses ?
Moi : euh oui
Fille 2 : Bill et Tom sont toujours à l'intérieur ?
Moi : oui bien sur, se sont vos copains ?
Filles 1&2 : oui !
Moi : et ils vous laissent les attendre dehors ?
Fille 2 : bah ouais.
Moi : ils ne sont pas cool, venez avec moi je vais vous faire rentrer.


Je fais demi tour suivit par les deux filles, elles arborent toutes deux un sourire radieux, eh bien, il y en a qui sont vraiment contente de revoir leurs copains, je ne pige d'ailleurs pas pourquoi, elles ne sont pas avec eux, en réfléchissant bien, elles n'étaient pas non plus avec eux dans la salle. Je me stoppe devant la porte, leur fait face.

Moi : vous m'attendez là dehors, je vais vous chercher les pass.
Fille 1 : on ne peut pas te suivre.
Moi : non, ça ne marche pas comme ça ici.
Fille 2 (coup de coude à sa copine) : c'est bon on va attendre.

Je me dirige vers la loge, elles sont louches ces deux là. Je rentre, ils n'ont pas bougé depuis tout à l'heure, tous affalés sur le canapé en grande discussion.

Moi : dites les gens !
Jo : t'as changé d'avis, tu es revenue.
Moi : nan, juste Bill et Tom, il y a vos copines qui vous attendent dehors ! Bon, j'y vais à toute !


Je sors, je recroise les filles dehors, elles me regardent avec de grands yeux, tels des chiots attendant une caresse. Merde, j'ai oublié leur pass, je m'adresse au vigile pour qu'il les laisse passer, et je leur indique dans quelle loge, ils sont, elles me remercient et disparaisse, plus excitées que jamais.

Je traverse le parking, direction le métro, je m'y engouffre, m'installe dans une des rames mon MP4 sur les oreilles, je regarde les stations défilées, descend à mon arrêt, monte les marches 2 par 2. Direction l'appartement, en bas de l'immeuble, je relève la tête afin de distinguer une éventuelle lumière à mon étage. Rien ! Déçue, je passe le sas d'entrée, l'ascenseur, l'appartement. Je me sers un thé, vois un mot de mes parents sur le frigo. C'est notre moyen de communiquer depuis plusieurs années maintenant. Je trouvais ça super en tant qu'ado de ne pas les avoir sur le dos mais maintenant j'ai vraiment l'impression d'être seule, heureusement que Tomas et Lua sont là, sans ces deux-là, je me sentirais vraiment abandonnée. Je lis vite fais leur mot, rien de neuf, il me souhaite une bonne soirée.

Je me dirige vers ma chambre, y abandonne mes baskets, allume mon PC, Virgin Radio se met automatiquement en route, diffusant ainsi un son rock dans toute la pièce. Dans ma salle de bain, je mets mes affaires au sale, oui je range quand même un minimum, revient dans la chambre, ouvre en grand mon dressing, la lumière s'allume, dévoilant les étagères ou s'agglutinent vêtements, chaussures et sacs. Je choisis vite fait un jean large, une blouse noire cintrée et décolleté et les ballerines assorties. Oui, le noir est ma couleur préférée !

Je regarde vite fait l'heure à mon réveil qui m'indique que je dois être prête dans moins d'une demi heure et en plus devant la boite. Je presse le pas et m'active dans la salle de bain. A peine rentrée sous la douche que j'en ressors toute propre, habillage express, je discipline mes boucles dans un chignon haut d'où s'échappe quelques mèches, maquillage soft, un peu de noir aux yeux, mascara, gloss. Un dernier regard, je suis prête, sac sur l'épaule.

Dans le métro, mon MP4 me diffuse un rock endiablé (Rock'n Roll Soldiers) sur lequel mon pied bat en rythme. Je sors en vitesse, cours jusqu'à la boite.

Lua : eh bien, on a faillit t'attendre !
Moi : oui, moi aussi je t'aime.
Tomas : tu as vu tes parents ?
Moi : non, juste un mot.
Jo : ne soit pas déçu, tu nous as nous !
Moi : d'ailleurs je compte bien m'éclater ce soir.

Je regarde ses cousins qui tirent une tête de 4 pieds de longs, leurs copines accrochées au bras, eh bien, ils ont l'air joyeux ces deux-là. La file d'attente avance un peu.

...: bon tu vas me lâcher maintenant !

Je me retourne pour voir le dreadé, pas retenue son prénom, entrain de pousser sa copine. Il est fada ce mec. J'arrive à leur hauteur.

Moi : ça va miss ?!
Fille 1 : ouais, ce n'est rien.
Moi (au dreadé) : si t'as un problème, il faut discuter, pas la peine de la pousser comme ça.
Fille 1 : c'est bon, ce n'est rien.
Jo : Sedna, viens écouter la dernière de Sevan.


Je regarde une dernière fois le dreadé qui me fait un super sourire. Il est nul, c'est décidé, il m'est antipathique ce type.

Jo : qu'est ce que t'as ?
Moi : ton cousin est bizarre avec sa copine.
Jo : laisse, il dit que ce n'est pas sa copine.
Moi : pauvre con !
Jo : quoi ?
Moi : oh rien, je parle toute seule, alors c'est quoi la dernière !
Sevan : Lua m'a encore rembarrée
Moi : eh bien, tu es à combien maintenant !
Lua : il se prend au moins un vent tous les jours depuis deux mois.
Moi : c'est beau l'amour !
Jo (passe un bras autour de mes épaules) : si il n'y a que ça pour te faire plaisir, je veux bien me sacrifier, aïe, pourquoi tu me frappes ?
Moi : te sacrifier ! Dis toi que c'est un honneur déjà pour toi d'avoir ton bras sur mes épaules !
Jo : désolé Princesse !
Moi : ça va pour cette fois.


On rigole à peu près tous, la soirée commence bien, on entre dans la boîte ou tout le monde semble déchainé, je vois le dreadé se frotter les mains.

Moi : ton cousin, c'est un pervers !
Jo : Tom.
Moi : quoi ?
Jo : son prénom, c'est Tom, il me semblait que tu ne le trouvais pas si pervers que ça tout à l'heure.

Je ne dis rien, faisant mine d'être absorbée dans la contemplation de mon verre, remerciant Bouddha qu'il fasse aussi sombre dans cette boîte, que Jo ne remarque pas la couleur de mes joues. La copine de Tom est toute seule sur le fauteuil, un peu plus loin Tom drague ouvertement une autre fille. Je ne sais pas pourquoi, j'ai les nerfs en voyant ça, après tout en quoi ça me regarde, c'est leur problème, je tourne la tête pour ne plus le voir, mais c'est plus fort que moi, je me lèves d'un coup et vais le voir.

Moi : t'as pas honte !
Pouf : c'est ton copain ?

Moi (Je la regarde, hausse les sourcils) : tu fais ça devant ta copine, ça ne se fait pas !
Tom : qu'est ce qui te dérange, que je drague une autre fille !
Moi : oui !


Je le vois se diriger vers sa copine, la prendre gentiment par le bras et lui murmurer à l'oreille. Je la vois alors s'effondrer en larmes, attraper la main de sa copine et partir toutes les deux de la boîte. Il revient vers nous, et reprend sa conversation. Je le regarde avec de grands yeux.

Tom : quoi, ça te gêné que je drague, eh bien, tu vois l'autre est partie maintenant !
Moi : l'autre ! Elle a un prénom.
Tom : sûrement mais je ne le connais pas.

Je suis complètement larguée, je ne comprends plus rien, soit ce mec est un véritable salaud, soit j'ai loupé un méga wagon. Tomas m'attrape par le bras et me dirige vers la piste de danse. On se défoule, on adore ça danser, c'est d'ailleurs comme ça que je les ai rencontré ces deux là.

Mes parents ont posé leurs valises à Paris, il y a maintenant 8 ans. Quand je suis arrivée dans ma nouvelle classe de CM2, ces deux là s'entendaient déjà comme cul et chemise. Il a fallut qu'on prépare un spectacle de fin d'année, je ne connaissais personne, grande timide, je restais dans mon coin, puis on a monté un spectacle de danse, j'étais raide comme un piquet, ils m'ont pris sous leurs ailes, le soir après l'école j'allais chez l'un ou chez l'autre et on répétait des mouvements. Ça m'a plut, je me suis inscrite dans la même école de danse, ça fait huit ans maintenant qu'on ne se quitte plus tous les trois.

On s'est toujours arrangé pour être toujours tous les trois, même collège, même lycée, même école de danse et maintenant même crew. On est en janvier, plus que six mois de terminale, on a pas encore discuter de après le bac. Je sais que Lua arrête, elle part aux Etats-Unis « tenter sa chance » comme elle me di si bien, pour Tomas, je ne sais pas, il évite le sujet quand j'essaye de lui en parler, je crois qu'il ne veux pas me blesser en me disant qu'il part lui aussi, je sais qu'il a des plans pour aller danser aux USA. Je balaye d'un geste de la main, ces idées, je suis là pour m'amuser, on verra ça dans 6 mois. On danse un bon moment, on se défoule Jo et Sevan nous on rejoint, ce dernier collant Lua qui peste mais rit aux éclats, ils sont mimi.

Les slows arrivent, Jo m'invite à danser, on s'adapte au rythme de l'autre. Mon regard est happé par celui de Tom. Je tourne la tête. Il m'énerve.

Jo : qu'est ce que tu as, tu es toute nerveuse d'un seul coup.
Moi : oh, désolé.
Jo : ça va sinon avec tes parents ?
Moi : oui, je les vois toujours aussi souvent !
Jo : tu ne te sens pas trop seule ?
Moi : non, j'ai plein de truc à faire tu sais entre les cours, la danse, je n'ai pas trop le temps d'y penser !
Tom : hey tous les deux, c'est à mon tour !
Jo : vas-y, je te la laisse pour cette danse.


Pas le temps de négocier, que Tom me colle à lui.

Moi : tu n'es plus avec ta Blonde !
Tom : non, j'ai trouvé bien mieux.
Moi : si tu le dis !
Tom : vous discutiez de quoi avec mon cousin ?
Moi : de rien
Tom : alors pourquoi tu avais l'air triste ?

Je ne réponds pas, regarde à côté les autres couples danser, pas la peine de se poser la question s'ils sont en couple ou non, à la manière dont ils dansent la majorité d'entre eux se retrouveront dans le même lit ce soir. Une pression dans le bas de mon dos ramène ma concentration sur mon cavalier. Plutôt grand, assez mince mais musclé, des dreads châtains, des yeux noisettes qui expriment à merveille ce qu'il pense, un sourire charmeur sur lequel il prend plaisir à faire danser son piercing du bout de la langue. C'est dans son regard que je me suis perdue au magasin de musique, au parking et encore maintenant sur cette piste de danse. Je me mets une claque mentale, la musique prend fin. Je m'écarte de lui.

Tom : qu'est ce que j'ai fait ?
Moi : rien
Tom : alors pourquoi tu agis différemment avec moi qu'avec Jo.
Moi : Jo c'est un très bon ami à moi, toi je ne te connais pas et j'ai pas envie d'apprendre à te connaître.
Tom : eh bien, à la manière dont Jo parlait de toi, je ne t'imaginais pas si froide que ça.
Moi : t'inquiète Jo ne m'a jamais parlé de toi mais je n'imaginais pas que son cousin puisse être un salop !


Je tourne les talons, les poings serrés, une clope et vite, il me faut une clope. Je récupère l'objet de mes envies sur la table avec mon briquet, direction la terrasse. Je l'allume précipitamment et savoure la première bouffée, je suis complètement accro, ça me rappelle le jour ou ma mère a appris que je fumais, ce jour-là, le mot sur le frigo avait été écrit d'une encre rouge, fébrile, j'imagines maman l'écrivant sur le bar de la cuisine énervée, les traits tirés et ruminant que mon éducation est à refaire. Depuis, je ne laisse plus aucun paquet traîner dans ma chambre de peur de le voir complètement dépouiller sur le bar de la cuisine, c'est ce qui est arrivé au seul qui a eu le malheur de tomber de mon sac, maman s'est acharnée dessus, il ne ressemblait à rien.

.... : qu'est ce que tu lui as dit ?
Moi : hein ?
Jo : à Tom, tu lui as dit quoi, il est furieux ! Pourquoi tu rigoles ?
Moi : je repensais au jour ou ma mère a appris que je fumais.
Jo : elle a du te passer un de ses savons
Moi : si on veut, j'ai eu le droit à un énième mot sur le frigo !
Jo : tu es sur que ça va ?
Moi : bien sur !
Jo : écoute tu agresses Tom, tu ne me parles plus comme avant et tout le monde te trouve de plus en plus distante !
Moi (murmure) : je ne l'ai pas agressé.
Jo : Tom est quelqu'un de bien, apprend à le connaître, ne te fis pas aux apparences, s'il te plait, tu n'es pas comme ça, t'es quelqu'un d'ouvert et de généreux alors s'il te plait apprends à le connaître !
Moi : tu dois vraiment l'aimer ton cousin pour me dire ça ?
Jo : ouais, je l'adore ce morveux !


On rentre bras dessus bras dessous dans la boîte, j'ai le sourire aux lèvres. Je l'adore mon Jo, je le considère comme mon grand frère, il agit comme tel avec moi. Il m'a aidé un soir dans le métro, je revenais d'un cours de danse un peu tard et douze ans pour mes parents est un âge responsable pour laisser sa gamine rentrer toute seule. Il y avait une bande de gamin qui ne savait pas quoi faire d'autre que de faire chier les gens, et ça m'est tombé dessus, rien de bien méchant mais assez pour effrayer une gamine de douze ans et Jo était là avec ses potes à regarder la scène, puis il s'est décidé à intervenir. J'avais 12 ans, lui 15, et c'était mon sauveur. Du statut de sauveur, il est passé à celui de grand frère. Ça fait déjà 6 ans qu'il me supporte, alors quand il me demande de faire des efforts, je me sens un peu obligée d'essayer d'en faire. Mais quand je vois Tom s'avancer vers nous, je me sens obligée de m'excuser et de m'exiler ailleurs.

Je danse, mon défouloir, combien temps, je ne sais pas, j'ai arrêté de regarder l'heure, je m'amuse, j'oublie tout et c'est ce qui compte pour moi. Mon téléphone vibrant dans ma poche me ramène à la réalité, l'expéditeur du message encore plus.

De Maman « ma chérie rentre, il faut qu'on te parle »

C'est une blague ! Je lis à plusieurs reprises l'heure sur le cadran, 4h du mat', c'est quoi ce message et surtout à cette heure-ci, qu'est ce qui peut être aussi important pour devoir en discuter maintenant et non pas demain dimanche via le frigo. Mon cerveau ordonne à mon corps, encore immobile, de ce mettre en marche au plus vite. Je traverse la boîte, récupère mes affaires au vestiaire et m'engouffre dans la station de métro.

Appel de Jo. Je décroche.

Jo : t'as un problème, je t'ai vu traverser la boîte en courant.
Moi : tout va bien, je crois.
Jo : tu crois ?
Moi : oui, j'ai reçu un message de maman me demandant de rentrer. Je t'appelle plus tard pour te dire ce qu'il en ait.
Jo : d'accord, j'attends ton appel.


Je regarde défilé les stations, dès que je peux descendre, je cours jusqu'à l'appartement. Arrivé devant, je me casse le nez devant la porte verrouillée. Je l'ouvre, allume les lumières, aucunes traces de la présence de mes parents, je toque à leur chambre, personne, vérifie le mot sur le frigo le même que la vieille, vérifie mon portable rien, ma messagerie, pas de nouvel appel, le répondeur du fixe, toujours rien. Je m'assois dans le canapé, allume la télé, j'attends un peu, ils ne vont sûrement pas tarder à arriver, maman a du m'envoyer ce message du taxi et il y a un peu de circulation. A quatre heure du matin ! Oui à 4h du mat' ! je passe le temps en zappant sur toutes les chaînes et en regardant l'heure du lecteur DVD toutes les trente secondes ! Je me serre un thé, histoire de m'occuper, je reprends ma position dans le canapé. Ça fait maintenant une demi heure que je les attends. J'attrape mon portable, rentre le numéro de maman, hésite, ça fait tellement longtemps que je ne l'ai pas appelé, je me décide et appuie sur la touche verte. Une sonnerie, je m'apprête à raccrocher, deux sonneries, c'est une mauvaise idée, trois sonneries, je tombe sur répondeur.

« Maman, c'est moi. Tu m'as demandé de rentrer, euh, ça va faire une demi heure, et, euh, vous êtes où ? »

Je raccroche la main tremblante, quelle épreuve de l'appeler mais quel soulagement qu'elle n'est pas décrochée.

Nouveau Message De Maman :
« Va te coucher ma chérie, on a rencontré un ami, ça fait un bail qu'on ne l'avait pas vu, on en discute demain ».

Je referme doucement mon portable, et le dépose tranquillement sur mon bureau, de peur de le projeter violement contre le mur de ma chambre. Ils ont rencontrés un ami qu'ils n'avaient pas vu depuis longtemps et leur fille, ils ne se posent jamais la question depuis quand ils ne l'ont pas vu.

Je m'allonge sur mon lit, éteins la lumière, mes étoiles et mes lunes apparaissent, plongeant ainsi la pièce dans un doux halo. Ma colère est disparue bien vite, je suis lasse, pourquoi je ne suis plus étonnée de l'absence de mes parents. Je sonde ma mémoire et essaye de retrouver le jour ou je les ai vu la dernière fois. Nous sommes qu'en début d'année, les fêtes ne sont pas si loin que ça mais pourtant même pour les fêtes, mes parents n'étaient pas présents. Je ne sais pas, je ne sais plus, j'ai oublié.

Je me lèves, prend une douche et me couche. Comme chaque soir, pour m'endormir, j'écoute la musique. Quand elle s'arrêtera automatiquement, je dormirais déjà, bien au chaud dans les bras de Morphée.

# Enviado el jueves 07 de agosto de 2008 17:20

Modificado el martes 23 de diciembre de 2008 06:31

Chapitre 2

Chapitre 2
J'ouvre doucement les yeux, rien ne vient perturber ce dimanche matin, le radio réveil m'indique qu'il n'est que 9h. J'aurai la tête dans le cul lundi matin pour aller en cours. Je m'habille rapidement d'un jean et d'un col roulé. Dans la salle de bain, je me débarbouille un peu, coiffe ma tignasse en un chignon haut et met une pointe de mascara. Prête, je me prépare mon petit déjeuner : thé et tartine de Nutella.

Seul le bruit de la bouilloire, montre un signe de vie, je me demande si mes parents sont rentrés tard hier soir. Un rapide regard vers le frigo m'indique qu'il n'y a pas de nouveau mot et que l'ancien a disparut. Verdict : mes parents sont rentrés. Ça me rend nerveuse de ne pas savoir ce qu'ils veulent me dire. J'ai l'impression de retourner 8 ans en arrière lors de notre arrivée ici. C'est pour mon deuxième jour sur Paris que j'ai eu le droit à mon premier mot sur le frigo. Mes parents ne m'ont pas accompagnés pour mon premier jour d'école, ils m'ont simplement laissé toutes les instructions à suivre sur ce papier en me souhaitant une bonne journée dans ma nouvelle vie. Ils m'avaient prévenu qu'avec leurs nouveaux postes, ils seraient peu présents, mais je ne pensais pas autant.

Je m'installe tranquillement au bar de la cuisine, tartine généreusement le pain de Nutella, joue un instant avec le sachet de thé. Je ne sais pas si je dois attendre que mes parents se réveillent, ou si je dois faire ce que j'avais décidé de faire aujourd'hui. Dans tous les cas, si je ne suis pas là, maman m'enverra un SMS pour me prévenir. Je nettoie mon petit déjeuner. Je tourne en rond un instant dans le salon, pour me décider à m'enfermer dans ma chambre. A mon bureau, j'installe mon Ipod sur mes oreilles et sors mes bouquins de maths. Pas que je sois motivée mais autant faire le boulot pour la semaine, histoire d'être tranquille ce soir. Je lis à plusieurs reprises l'énoncé pour comprendre enfin ce qu'on me demande, je n'ai vraiment pas envie. Première claque mentale de la journée, je me repositionne sur ma chaise et me motive.

Finalement, l'exo de maths était assez rapide à faire, le sujet de philo, un réel plaisir, seul l'histoire me gonfle encore, pas vraiment satisfaite du travail réalisé. Je me concentre davantage, farfouillant dans divers bouquins et sur le net. Je me mets à hurler lorsque je sens une main sur mon épaule. Je me retourne rapidement pour faire face à cette femme debout devant moi.

Moi : tu m'as fait peur.
Maman : désolé, avec ta musique, tu ne m'as pas entendu entrer.


Je regarde derrière son épaule, et voit mon père tranquillement appuyé dans l'encadrement de la porte. Ils paraissent tous les deux si jeunes, on a l'impression que le temps n'a aucun effet sur eux. En regardant de plus près leur visage, quelques rides d'expression apparaissent de ci delà, leurs traits se sont quelques peu épaissis, même à 40 ans, on leur en donnerait que 30.

Maman est brune, les yeux verts, la peau très claire, les traits fins, elle parait si délicate, si fragile. Je crois que c'est ce qui a fait craquer mon père la première fois qu'il l'a vu, ce qui l'a convaincu, c'est que derrière cette apparence si douce, se cache un caractère de fer et une témérité hors norme. Petite, elle m'emmenait partout avec elle, une simple balade en forêt, se transformait le plus souvent en une joyeuse exploration, elle me décrivait la nature, forçant mon sens de l'observation et ma curiosité sur le monde qui nous entoure. Ma mère est biologiste. N'allait pas croire que l'on mange bio à la maison ou que nous sommes tous les trois végétariens, loin de nous cette idée, nous adorons les hamburgers bien gras et nous nous damnons pour un bon steak. Elle travaille essentiellement sur la réaction de notre chère Terre face au réchauffement climatique et avec les derniers événements, elle est fort occupée.

Papa est également chercheur, ils se sont d'ailleurs rencontrer comme ça lors d'un congrès. Mon père ressemblant plus à un hippi échappé de son époque qu'à un chercheur, c'est l'original de la famille. Il a su séduire maman avec une bonne blague, qu'il m'a racontée un bon milliard de fois mais que je peine toujours à me souvenir. De ça période hippie, il n'a gardé que son ouverture d'esprit. Ses cheveux châtains ont retrouvés une coupe courte, toujours adepte des jeans mais bien coupés, jeans qu'il affectionne tout particulièrement et qu'il ne troquerait pour rien au monde même pour un congrès, il exécute ses présentations en jean et pull col V. Ses yeux marron, rieurs expriment sa vivacité d'esprit et la grandeur de son âme. Toujours là pour me faire un câlin, enfin avant.

Ils travaillent tous les deux dans le même centre de recherche, parfois en commun sur certains projets. Aujourd'hui, tous deux assis sur mon lit, ils me font face.

Maman : alors ma chérie comment vas-tu ?
Moi (raclement de gorge) : ça va merci.
Papa : le lycée se passe bien ?
Moi : oui.
Maman : sais-tu quelle voie tu choisiras l'année prochaine ?


Petite aparté, je suis en terminale S en digne fille de scientifique, en fait je n'ai pas eu trop le choix, comme celui qui m'est interdit de me louper dans certaines matières que je me ramasse en histoire passe encore mais sûrement pas en physique, en biologie ou tout bonnement en maths. Pour eux, je suis censée avoir des facilités pour ces matières, ce n'est pas faux mais je n'aime pas. Tout comme ça leur parait logique que je choisisse la digne voie des scientifiques après le bac. Pour eux, la danse et la musique ne sont qu'un passe temps, que j'y consacre autant de temps, ils ne le conçoivent pas, mais ne me diront rien tant que mes notes seront excellente. Quelle belle illusion, vous ne trouvez pas.

Moi : non, je ne sais pas encore.

Regard de ma mère vers mon père qui acquiesce de la tête. Pourquoi mes mains deviennent si moites d'un seul coup.

Maman : ma chérie, tu te débrouilles très bien, nous sommes très fiers de toi.

Pas de réponse. Mon père se racle la gorge, signe de grande nervosité chez lui.

Papa : ce que ta maman essaye de te dire, c'est que nous devons déménager.

Mes yeux s'arrondissent de stupeur et s'accrochent aux siens.

Maman : nous savons que tu es bien ici mais nous devons partir aux Etats-Unis pour le travail.
Moi : et pour mes cours ?
Maman : on te laisse finir ton année ici et tu nous rejoindras en juillet, on t'a déjà inscrite dans une université la meilleure de la côte ouest, tu y seras bien, ils ont un solide programme scientifique en partenariat avec l'entreprise qui nous embauche. Contente tu travailleras avec papa et maman.
Moi : j'en suis ravie. Vous partez quand ?
Papa : nous prenons l'avion ce soir.
Maman : nous emmenons que quelques affaires, tous les meubles seront déménagés en même temps que toi en juillet.
Papa : pour les finances, nous effectuerons un virement mensuel sur ton compte, tu auras largement de quoi payer tes frais de scolarité, tes repas, tes sorties, tes fringues et tout ce que tu veux, si tu as besoin d'un fonds exceptionnel, tu n'auras qu'à nous faire un mail et nous te virerons l'argent nécessaire.
Moi : d'accord.
Maman : bon on te laisse, nous avons encore pas mal de formalité à régler.
Moi : bisous, faite bon voyage.


Ils se lèvent, m'embrassant sur chaque jour, une petite tape amicale sur l'épaule, me signale que mon père est conscient qu'ils me blessent mais qu'il ne fera rien de plus que cette marque d'affection. Ils referment la porte de ma chambre, je referme mes bouquins, ils s'installent au bar de la cuisine, je m'effondre sur mon lit. Ils déjeunent, j'ai la nausée. Mon téléphone vibre : appel de Jo. Je décroche, ne soufflant mot.

Jo : ça va toi ?
Pas de réponse
Jo : pas en forme ?
Pas de réponse
Jo : je t'offre un café
Pas de réponse.
Jo : je t'attend à l'appart'
Je raccroche.

J'attrape chaussures, veste et sac. Gribouille rapidement où je vais sur un papier, par habitude, je l'accroche au frigo. Je me retourne pour faire face à mes parents, étonnée de les voir là, dans la même pièce que moi, ma mère une lueur étrange tente un sourire qui se fige, mon père baisse la tête. Je décroche le papier et le tend à maman.

Moi : je, euh, sors
Maman : oui ma chérie.
Moi : bah euh faite bon voyage
.

Je leur souris sincèrement, me retourne précipitamment, c'est trop dur.

Maman : ma chérie

Je me stoppe.

Maman : nous t'aimons très fort.

Je n'en peux plus, cette atmosphère me pèse de trop. Je sors à l'air libre, sans une dernière parole, un dernier regard, un dernier geste vers mes parents. Je resserre les pans de ma veste autour de mon corps que ce dimanche de janvier frigorifie. J'aurais tellement aimé me jeter dans leurs bras, y pleurer toutes les larmes de mon corps, leur crier de ne pas m'abandonner, de m'emmener avec eux, de ne pas me laisser toute seule. Mes pas connaissent la route par c½ur jusqu'à Jo, mon refuge.
Vous allez me dire de quoi, je me plains, j'ai un toit, de l'argent plus que je n'en dépense, des parents qui m'aiment et qui me font une totale confiance. Je vous répondrais tout simplement que nous n'avons pas la même définition du bonheur.
Je sonne, la personne qui m'ouvre est la dernière que je voulais voir aujourd'hui je regardes au-dessus de l'épaule de Tom et vois Jo arriver en courant, il pousse son cousin et me prend fermement dans ses bras, je me laisse faire, il me dirige vers sa chambre et c'est seulement là, à l'abri des regards que j'éclate en sanglot. Il ne dit rien, ne me demande rien, il me berce et c'est suffisant, il ne saura rien, je ne lui dirais rien. Comme à son habitude, il est le témoin passif de mon mal être. Comme à mon habitude, je m'endors dans la chaleur de ses bras.

J'émerge vers 17h, un peu déboussolée, les yeux rougis d'avoir pleurée. Je sors doucement de la chambre. Dans le salon, ils se retournent tous.

Jo : un thé ?
Moi : merci, je vais rentrer.
Jo : d'accord, si tu as besoin, tu sais ou me trouver.
Moi : oui, merci Jo, pour tout
.

Je rentre chez moi. L'appartement est plongé dans le noir. J'allume toutes les lumières, et la télé. Je me dirige vers le frigo aucun mot n'y est accroché. Ça y est, ils sont partis.

# Enviado el jueves 09 de octubre de 2008 17:06